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Un révélateur de la vérité

Comment adopter une attitude conséquente avec une claire conscience de vivre et de participer à la fin de l’art, la fin d’un art ou, à tout le moins, une fin de l’art ? Les grands romanciers révèlent les mécanismes mimétiques du désir là où les autres ne parviennent qu’à le refléter, selon René Giard qui use très fréquemment de ces deux verbes. On trouve chez MD une opposition du même ordre quand il distingue l’apparition de l’apparence. Son intérêt constant pour le nu, et plus particulièrement la mise à nu, comme le note Roger Dadoun5 55 5 en est sans doute une preuve. On est tenté de poursuivre avec lui en opposant la mise à nu de la mise en boîte qu’il pratique au sens figuré, mais aussi et surtout au sens propre. En refusant la manière comme signature de l’œuvre et le marché comme juge de l’œuvre, MD se place à l’évidence du côté de la vérité. Rien ne l’oblige désormais à mentir, ni aux autres, ni à lui-même, puisque ce qu’il fait ne regarde plus que lui et ne s’expose plus à l’appréciation de ses contemporains.

53 Op. cit., p. 160. 54 Henri-Pierre Roché, Souvenirs sur Marcel Duchamp, in Robert Lebel, Sur Marcel Duchamp, Trianon, 1959, p. 80. 55 Marcel Duchamp, Ce Mécano qui Met à Nu, 1996, collection coup double, Hachette littératures.

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